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Question Raymond Leblanc

jeudi 2 janvier 2003

Le Pr Raymond Leblanc, chef du département d’ophtalmologie, université
de Dalhousie, et directeur du Eye Care Centre à Halifax au
Canada, a participé à la création du logiciel de progression
disponible dans la deuxième version du Heidelberg Retina
Tomograph
. En marge de la réunion, il a accepté de partager
avec Glaucome.net son expérience de l’analyse automatisée
de la papille optique.

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Glaucome.net
 :

Le HRT permet un dépistage précoce du glaucome. Quel
doit-être la décision du praticien qui découvre des
altérations grâce à l’appareil ? Doit-il traiter ou non
 ?


Raymond
Leblanc :
size="-1"> C’est une question courante. Soit un patient, suspect de
glaucome, ayant peut-être une pression intra-oculaire de 21 ou 22 mm
Hg et un antécédent familial de glaucome éventuel. Sa
papille est un peu inquiétante mais ne semble pas bouger, son champ
visuel est dit normal avec éventuellement une fluctuation ou une certaine
fragilité. On se rend compte alors, par les examens consécutifs
du HRT, que la papille change. Doit-on conseiller un traitement à
ce patient ?
J’ai, aujourd’hui, une confiance suffisante dans la précision des
mesures obtenues par l’appareil. Si je voyais la papille changer, même
si le champ visuel ne bouge pas, je déciderais, dans ces circonstances,
le traitement pour ce patient. Dans l’étude que nous avons
effectuée, la moitié des patients avaient eu un changement
du champ visuel et de la papille. Dans la moitié des ces cas la papille
a changé avant le champ visuel. Dans l’autre moitié, le champ
visuel est apparu modifié avant la papille. Mais le temps
écoulé entre le changement de la papille et celui du champ
visuel, quand l’atteinte papillaire a précédé l’altération périmétrique, a été plus
long en moyenne que celui entre une modification du champ visuel suivie de
celle de la papille dans la situation inverse. Ainsi, le changement de la
papille se produit, chez certains patients, avant celui du champ visuel,
ce qui correspond de toute manière aux observations faites depuis
bien des années en utilisant des photographies.
C’est un moyen objectif de documenter l’état papillaire. Cela ne signifie
pas que tout changement de la papille objectivé par l’appareil doit
conduire à un traitement ; la réponse vaut uniquement dans
le contexte défini plus haut, où un tableau clinique que l’on
suspecte a été complété par l’examen de la papille.

Propos recueillis par Henri
Gracies