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GLAUCOME

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8-07-2012
Prévention
Une tasse de café n’entraîne qu’une faible augmentation de la pression intra-oculaire
Henri Gracies

Après l’eau, le café est la boisson le plus souvent ingérée dans le monde, avec une industrie qui fait vivre plus de 100 millions de personnes. Outre le café, la caféine est un constituant, voire le principal constituant de multiples boissons dont le thé, des sodas et des boissons dites énergisantes.


 

 

Cela explique en partie le nombre important de travaux récents consacrés aux effets de la caféine sur l’organisme, avec notamment une étude sur les carcinomes cutanés et une autre concernant les accidents cardiaques [1].

 

Une augmentation de la pression intra-oculaire (PIO) consécutive à un apport en caféine est depuis longtemps admise, à tel titre qu’il y a quelques décennies, un test diagnostique de la maladie glaucomateuse, abandonné en raison de son manque de spécificité, utilisait des mesures pressionnelles oculaires effectuées avant et après la consommation de café. L’importance de cet effet de la caféine sur la PIO est controversée, mais s’il est tangible, cela constituerait un facteur de risque qui, en modifiant des habitudes alimentaires, pourrait être corrigé simplement et pour un faible coût.

Dans le cadre de cet essai prospectif croisé en double insu [2] effectué à Boston (Harvard Medical School, Massachusetts Eye and Ear Infirmary, Boston, MA, EUA), les caractéristiques pressionnelles de cent six participants (22 ayant un glaucome primitif à angle ouvert, 18 avec un glaucome à pression normale, 20 ayant une pression intra-oculaire élevée isolée, 21 suspects de glaucome primitif à angle ouvert et 20 sujets sains), 60 et 90 minutes après la consommation de 237 ml de café décaféiné (4 mg de caféine) ou non (182 mg de caféine), ont été analysées et, entre les groupes avec et sans caféine, les différences moyennes (mm Hg) de la PIO, de la pression de perfusion oculaire et de l’amplitude oculaire pulsatile ont été respectivement de 0,99 (± 1,52 ; P < 0,0001), de 1,57 (± 6,4 ; P = 0,0129) et de 0,23 (± 0,52 ; P < 0,0001) à 60 minutes puis, à 90 minutes, de 1,06 (± 1,67 ; P < 0,0001), de 1,26 (± 6,23 ; P = 0,0398) et de 0,18 (± 0,52 ; P = 0,0006).
Les résultats de l’analyse de régression n’ont pas été globalement significatifs et A. Z. Jiwani et al. supposent que l’élévation pressionnelle consécutive à l’ingestion d’une tasse de café (182 mg de caféine) n’a pas de répercussion clinique.

Voir aussi :
– Le bilan santé de la consommation de café est globalement positif
– Du café contre la maladie d’Alzheimer

 

 


[1] Cliquez sur les images.

[2] Jiwani AZ, et al. Effects of caffeinated coffee consumption on intraocular pressure, ocular perfusion pressure, and ocular pulse amplitude : a randomized controlled trial. Eye 2012 ; aop:10.1038/eye.2012.113.